Les valeurs sûres dans le domaine de la visualisation des données – L’encre informationnelle

staircase-city-mist-davideragusaVoici donc la conclusion de ma série d’articles sur les valeurs sûres dans le domaine de la visualisation des données. Vous aurez sans doute deviné que je n’ai pas voulu écrire sur l’ensemble des types de graphiques connus, mais vraiment vous faire voir le bon côté de ces affichages, graphiques ou tableaux, qu’on connaît si bien.

Pour terminer la série, j’ai pensé revenir sur certains éléments graphiques « à éviter » dans la conception de nos affichages. Le tout, encore une fois, via un exemple trouvé sur internet.

L’encre informationnelle ou comment se concentrer sur les données

Simplement, l’encre informationnelle est celle qui représente, visuellement, les données.

L’encre non-informationnelle, c’est toute l’encre qui est ajoutée inutilement à nos affichages. Cette encre inutile peut se retrouver de différentes façons et elle fait souvent obstacle aux données elles-mêmes. En fait, même si le choix de l’affichage est judicieux, il est facile d’en faire disparaître la pertinence lorsque les données sont noyées dans les fioritures inutiles.


En anglais, on parle de « data-ink » et de « non-data-ink ». C’est Edward Tufte, qui dans son livre The Visual Display of Quantitative Information nous soumet le concept. Il parle du data-ink comme de l’encre ne pouvant absolument pas être retirée puisqu’elle représente les données, contrairement au non-data-ink. Il en tire même un ratio, le ratio d’encre informationnelle, dont il sera question dans une prochaine série d’articles.


Pour démontrer la pertinence et l’importance de se concentrer sur l’encre informationnelle, le graphique suivant (figure 1) trouvé sur le site de la ville de New-York permettra de relever quelques points importants. Ce graphique présente les projets majeurs actifs, dans les différents départements (Agency) de la ville, en date d’août 2015.

figure 1

Figure 1

Malgré que le type de graphique choisi semble pertinent, il y a des traces d’encre non-informationnelle qui pourraient être effacées sans nuire au message véhiculé. Voici donc quelques exemples de ce qu’il faut éviter et de comment modifier le graphique pour retrier ce qui est inutile.

Les encadrés et quadrillages

Heureusement, le quadrillage ici est estompé et ne prend donc pas toute la place. Par contre, les lignes horizontales de celui-ci sont inutiles.

Les couleurs, images ou motifs d’arrière-plan

Dans le fond du graphique, on voit bien le dégradé de gris. Aucune donnée n’étant liée à cette encre, il n’y a donc aucune raison à la présence de ce dégradé.

L’ajout d’une troisième dimension

Difficile de savoir pourquoi cette troisième dimension semble plaire à tant de concepteurs de graphiques. Pourtant, quel plaisir y a-t-il à contempler des tubes horizontaux ? Pour que ça semble plus réaliste ? De simples barres horizontales feraient très bien l’affaire.

La distorsion

Cette problématique est souvent liée à la précédente. L’utilisation de la troisième dimension amène souvent une distorsion entre la réalité des données et l’affichage de celles-ci. Dans cet exemple, juste le fait que nous voyons le bout des tubes démontre qu’il y a une distorsion.

La preuve de cette distorsion, c’est qu’au dernier thème « Health and Human Services », un seul projet est lié à chacun des départements (HHC et HRA). Pourtant, on dirait qu’il y en a plus pour le département associé au bleu foncé. Cela survient car l’encre occupe plus de place puisque c’est le bout du tube.


Dans le présent cas, la distorsion est quand même légère, mais il y a des cas où c’est plus flagrant. Par exemple, dans le cas des graphiques à secteurs (les tartes) qui ont une inclinaison vers l’arrière. Il est alors encore plus difficile d’estimer la différence entre les parts.


Finalement, après avoir retiré ce qui n’était pas nécessaire, voici une nouvelle version du graphique (figure 2). Malgré qu’il s’agisse de barres simples et que certaines lignes ont disparu, rien d’essentiel n’a été retiré. De plus, cette fois-ci, on remarque bien que les deux départements liés à « Health and Human Services » ont le même nombre de projets.

figure 2

 

figure 2

En résumé, lors de la conception de vos prochains affichages, posez-vous la question. Est-ce que toute l’encre utilisée est pertinente ? Si la réponse est non, faite un peu de nettoyage. Vous n’y perdrez pas, au contraire.

La prochaine série d’articles débutera en janvier, je vous invite donc à rester aux aguets dès les premières semaines de 2016.

Vous avez apprécié cette lecture ? Voici les différents articles de cette série sur les valeurs sûres dans le domaine de la visualisation de données :

» Les valeurs sûres dans le domaine de la visualisation de données – Les courbes

» Les valeurs sûres dans le domaine de la visualisation de données – Les barres horizontales

» Les valeurs sûres dans le domaine de la visualisation de données – Les tableaux

» Les valeurs sûres dans le domaine de la visualisation de données – Les histogrammes

Photo : LifeOfPix

auteur de l

Publié par: Karine Martel

Rédactrice de blogues depuis plusieurs années, je suis aussi formatrice et conférencière. Ayant une grande passion pour la visualisation de l'information, c'est ce sujet que j'aime principalement aborder.

One thought on “Les valeurs sûres dans le domaine de la visualisation des données – L’encre informationnelle

  • December 19, 2015

    Stéphane Castonguay

    Article tout à fait pertinent!

    Comme on dit en anglais, keep it simple!

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