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Journée SIG ULaval 2025 : Quand les données géospatiales racontent le monde autrement

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Journée SIG ULaval 2025 : Quand les données géospatiales racontent le monde autrement

Myriam Blanchet

Analyste

Journée SIG ULaval 2025 : Quand les données géospatiales racontent le monde autrement
Publié le : 21 novembre 2025
  • Géospatiale
  • Valorisation
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Le 14 novembre 2025, l’Université Laval a accueilli la communauté géospatiale pour une journée riche en découvertes, en échanges et en innovations. La Journée SIG ULaval est devenue, tant qu’à moi, un rendez-vous incontournable pour les passionnés de cartographie, de données spatiales, d’intelligence artificielle et d’environnement.

 

Cette année, les conférences ont mis en lumière des projets concrets qui démontrent à quel point les données géospatiales peuvent transformer notre compréhension du monde.

 

Voici un tour d’horizon des présentations les plus marquantes de l’événement :

1. L’intelligence artificielle au service des données géospatiales

Conférenciers : Jean-François Bourgon & Mozhdeh Shahbazi – Ressources naturelles Canada

Imaginez pouvoir comparer des photos aériennes prises il y a 100 ans avec des images satellites d’aujourd’hui, pour détecter les changements dans le paysage, les infrastructures ou l’environnement. C’est exactement ce que propose le GeoAI, une intelligence artificielle géospatiale développée par Ressources naturelles Canada.

 

Grâce à des modèles d’apprentissage profond, les chercheurs peuvent transformer des photos historiques en données numériques prêtes à l’analyse. Ces outils permettent de repérer des mines oubliées, de suivre l’évolution du couvert forestier ou même d’identifier les impacts d’une catastrophe naturelle comme un feu de forêt. Une démonstration a montré comment les images du parc national de Jasper ont été utilisées pour visualiser les zones touchées par l’incendie, en détectant certaines entités présentes avant et absentes sur la plus récente carte.

 

Ce type de technologie ouvre la voie à une meilleure compréhension du territoire, en combinant passé et présent pour mieux planifier l’avenir.

2. Modéliser le cadastre en 3D avec des outils accessibles

Conférencier : Alexandre Laplante – Université Laval

Le cadastre du Québec est la source de données officielle des propriétés foncières. Combiné avec d’autres données spatiales comme les infrastructures, le relief, l’hydrographie, etc.) il est possible d’avoir un portrait fidèle d’un territoire. Toutefois, dans les régions rurales, il peut être difficile d’obtenir ces données complémentaires précises et à jour. Alexandre Laplante propose une solution innovante : utiliser des drones à faible et moyen coût, des capteurs GNSS, des LiDAR terrestres et des données ouvertes pour créer des modèles 3D du territoire.

 

Grâce à cette approche, il est possible de visualiser les bâtiments, les limites de terrain et les éléments naturels comme les rivières ou les pentes abruptes. Ce type de modélisation peut servir à mieux planifier l’aménagement du territoire, à produire des certificats de localisation enrichis ou à comprendre les risques d’inondation.

 

Un bel exemple de démocratisation des technologies géospatiales, qui rend la cartographie accessible à tous.

3. Cartographier l’amiante dans le sol québécois

Conférencier : Francis Donati-Daoust – Observatoire national de l’amiante

L’amiante est un minéral naturel qui peut être dangereux pour la santé. Au Québec, on sait qu’il a été exploité à Thetford Mines et Val-des-Sources, mais qu’en est-il du reste du territoire?

 

Francis Donati-Daoust a présenté un projet de cartographie de la susceptibilité à la présence d’amiante dans le socle rocheux. En analysant plus de 200 anciens gîtes et en croisant des données géologiques, minéralogiques et structurales, son équipe a pu identifier les zones à risque. Une application web permet maintenant de consulter ces cartes, utiles pour les citoyens, les municipalités et les professionnels de l’environnement.

 

Ce projet montre comment les données géospatiales peuvent contribuer à la santé publique et à la transparence environnementale.

4. L’hydrospatial pour tous : un drone DIY (Do It Yourself) pour cartographier les fonds marins

Conférencier : Willian Ney Cassol – Université Laval

Les levés bathymétriques, qui permettent de mesurer la profondeur des lacs et des rivières, sont essentiels pour la gestion des milieux aquatiques. Mais les équipements sont souvent coûteux et complexes. Le professeur Willian Ney Cassol a présenté une solution originale créée par son équipe : un drone hydrographique open source, conçu pour moins de 4000 $.

 

Ce petit catamaran, équipé de capteurs simples et d’un système de navigation autonome, peut cartographier des zones peu profondes, inspecter des structures côtières ou surveiller l’environnement. Testé dans plusieurs plans d’eau autour de Québec, il a produit des cartes précises tout en étant facile à transporter et à utiliser.

 

Une prochaine application prometteuse a même été énoncée, soit explorer les anciens sites miniers d’amiante inondés, évoqués dans la conférence précédente, afin de mieux comprendre leur état actuel et leurs impacts environnementaux.

Une belle initiative qui montre que l’innovation peut aussi rimer avec accessibilité.

5. Les données géospatiales pour une occupation paisible des terres en Afrique

Conférencier : Francis Roy – Université Laval

Dans plusieurs pays d’Afrique francophone, les conflits fonciers sont fréquents. La cause? Une absence de reconnaissance officielle des droits de propriété, souvent gérés selon des traditions orales. Francis Roy propose une solution inspirée du modèle québécois : créer des infrastructures de données géospatiales pour documenter et rendre publics les droits fonciers. Un projet ambitieux, considérant qu’au Québec cette infrastructure de données s’est faite sur une longue période historique, et qu’en Afrique l’urgence est réelle, afin d’éviter plusieurs conflits.

 

Des projets comme PROCASEF au Sénégal montrent que cette approche peut favoriser une meilleure répartition des terres, reconnaître les droits des femmes et réduire les tensions sociales. En combinant cartographie, cadastre et planification territoriale, les données géospatiales deviennent un outil de paix et de développement.

Une journée qui inspire, informe et rassemble

La Journée SIG ULaval 2025 a démontré l’amplitude de ses champs d’expertises avec l’utilisation des données géospatiales. Elles touchent à des enjeux concrets : environnement, patrimoine, santé, aménagement, justice sociale. Les conférences ont su vulgariser des sujets complexes, tout en montrant comment la technologie peut être mise au service de la société.

 

Que vous soyez étudiant, professionnel, chercheur ou simplement curieux, cette journée vous donne accès à des idées nouvelles, des projets inspirants et des outils concrets. Elle rappelle que la donnée géospatiale est un langage universel, capable de raconter des histoires, de résoudre des problèmes et de bâtir des ponts entre les disciplines.

 

Et vous, comment utilisez-vous les données pour mieux comprendre votre monde?

La Journée SIG revient chaque année en milieu du mois de novembre avec des contenus toujours plus pertinents. Pour ne rien manquer, visitez le site officiel : https://journeesig.ulaval.ca 

 

 

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