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Gouvernance des données et IA : bâtir la confiance

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Gouvernance des données et IA : bâtir la confiance

Myriam Blanchet

Analyste

Gouvernance des données et IA : bâtir la confiance
Publié le : 4 août 2026
  • Gouvernance
  • Intelligence artificielle
  • Article
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L’intelligence artificielle promet des gains impressionnants en efficacité, en rapidité d’exécution et en prise de décision. Pourtant, dans bien des organisations, la conversation tourne encore principalement autour des outils. Quelle plateforme choisir? Quel modèle déployer? Quelle solution intégrer?

 

Or, une question plus fondamentale mérite notre attention : nos données sont-elles réellement prêtes pour l’IA?

 

Selon les constats présentés dans l’article Building Blocks for Effective Data Governance in the Age of AI (13 Juillet 2026) par Amy Bickel de Gartner, la gouvernance des données constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers permettant d’accélérer l’adoption de l’IA tout en réduisant les risques liés à la qualité, à la sécurité et à la confidentialité de l’information.

 

Pour les gestionnaires, ce constat est particulièrement important. La réussite d’un projet d’IA ne dépend pas uniquement de la technologie. Elle repose également sur la capacité de l’organisation à définir des règles claires, des responsabilités partagées et des mécanismes permettant de faire confiance aux données qui alimentent les décisions.

 

Note au lecteur : Dans cet article, le terme gouvernance fait référence à la gouvernance des données.

L’IA met les faiblesses des données en lumière

Dans plusieurs organisations, les enjeux liés aux données existent depuis longtemps; données incohérentes, définitions différentes d’un département à l’autre, accès difficiles à gérer, documents et rapports qui racontent des histoires contradictoires.

 

Avant l’arrivée de l’IA, ces irritants pouvaient parfois être tolérés. Aujourd’hui, ils deviennent rapidement des obstacles majeurs.

 

Une application d’IA ne fait que mettre en évidence le niveau de la qualité des données qu’on lui fournit. Si les données sont fiables, les résultats auront une plus grande valeur. Si elles sont incomplètes ou contiennent des erreurs, les risques d’obtenir de faux résultats augmentent rapidement et considérablement. Gartner souligne d’ailleurs que les problèmes de qualité des données et l’insuffisance des mécanismes de gouvernance figurent parmi les causes récurrentes d’échec des initiatives d’IA.

 

Pour les équipes d’affaires, l’enjeu n’est donc pas seulement technologique. Il touche directement la crédibilité des analyses, la rapidité des décisions et la confiance envers les nouveaux outils.

La gouvernance n’est pas qu’une affaire de technologie

L’une des idées les plus intéressantes du rapport Gartner est que la gouvernance repose sur une double fondation :

  • des éléments humains;
  • des éléments technologiques.

 

Cette distinction entre les deux est essentielle.

 

Nous avons tendance à associer la gouvernance à des outils de sécurité, des catalogues de données ou des plateformes de gestion, mais la technologie à elle seule ne suffit pas.

Une organisation peut investir massivement dans ses infrastructures et malgré tout éprouver des difficultés si les rôles sont mal définis, si les employés ne comprennent pas les règles d’affaires (littératie des données) ou si les responsabilités ne sont pas claires.

 

À l’inverse, une gouvernance efficace crée un langage commun entre les secteurs d’affaires et les équipes TI. Elle permet à chacun de comprendre :

  • quelles données sont utilisées;
  • pourquoi elles sont importantes;
  • qui en est responsable;
  • comment elles doivent être exploitées.

 

C’est précisément cette capacité d’alignement qui permet d’accélérer la création de valeur à partir des données.

Les 10 composantes d’une gouvernance efficace

Le cadre présenté par Gartner identifie dix composantes essentielles permettant de bâtir un modèle durable de gouvernance des données.

Les fondations organisationnelles

Les six premières composantes créent l’environnement nécessaire à une saine gestion des données :

  1. Les politiques de gouvernance;
  2. Les processus de gouvernance;
  3. La formation;
  4. La littératie des données ;
  5. La gestion des métadonnées;
  6. L’observabilité des données.

 

À première vue, certains de ces éléments peuvent sembler moins prioritaires que la sécurité ou la qualité des données. Pourtant, ils sont souvent les véritables facteurs de succès des projets d’IA ou de données.

 

Prenons l’exemple de la littératie des données. Une organisation peut disposer d’excellents tableaux de bord et de modèles prédictifs sophistiqués, mais si les utilisateurs ne comprennent pas les données qu’ils consultent ou ne partagent pas une interprétation commune des indicateurs, les résultats demeureront limités, et les décisions pourraient se contredire.

 

L’objectif n’est donc pas seulement de mieux gérer la donnée; il est plutôt de créer une culture où la donnée devient un outil de dialogue et de décision.

Les disciplines spécialisées qui protègent la valeur

Au-dessus des fondations se trouvent quatre disciplines plus spécialisées :

  1. la gestion des identités et des accès;
  2. la sécurité et la confidentialité;
  3. la gestion des données maîtres;
  4. la qualité des données.

 

Ces disciplines sont souvent celles que les organisations abordent en premier, parce qu’elles répondent à des enjeux concrets et immédiats.

  • Qui peut accéder aux données?
  • Quelles informations sont sensibles?
  • Quelle version d’un client ou d’un produit est la bonne?
  • Comment mesurer la qualité des informations utilisées dans nos rapports?

 

Ces questions deviennent encore plus critiques dans un contexte où les solutions d’IA consomment des volumes importants de données provenant de multiples systèmes.

 

La gouvernance fournit alors les garde-fous nécessaires pour assurer une utilisation cohérente, sécuritaire et conforme de l’information.

 

Les métadonnées : le carburant souvent oublié

Parmi les différents éléments mis en avant dans le rapport, un mérite une attention particulière : les métadonnées. Gartner les décrit comme le moteur sous-jacent de l’architecture de gouvernance.

 

Concrètement, les métadonnées représentent l’information qui décrit les données :

  • leur origine;
  • leur signification;
  • leur propriétaire;
  • leur cycle de vie;
  • leurs usages et leurs règles de gestion.

 

Sans elles, il devient difficile d’expliquer pourquoi deux indicateurs donnent des résultats différents ou de démontrer la provenance d’une information utilisée par un modèle d’IA.

 

Pour les gestionnaires et les équipes responsables de fournir de l’information fiable aux décideurs, cet aspect est particulièrement important. La valeur d’une donnée ne repose plus uniquement sur son contenu, mais également sur la capacité d’en démontrer la signification, la qualité et la traçabilité.

 

Des métadonnées complètes, cohérentes et à jour renforcent la confiance des décideurs envers l’information qui leur est présentée, en leur offrant la transparence nécessaire pour comprendre, valider et utiliser les données avec assurance.

Passer de la politique aux actions concrètes

Une autre idée forte du rapport concerne le cycle de vie des politiques de gouvernance.

 

Les organisations doivent composer avec deux types de règles :

  • celles imposées par les autorités réglementaires ;
  • celles qu’elles définissent elles-mêmes pour gérer leurs données.

 

Le défi n’est pas seulement d’écrire ces politiques.

 

Le véritable travail consiste à les traduire en processus concrets, répétables et intégrés aux opérations quotidiennes, tout en assurant leur implantation et leur appropriation par les parties prenantes.

 

Autrement dit, une politique qui demeure dans un document n’a que peu de valeur. Elle doit être interprétée, associée aux bonnes données, confiée aux bonnes personnes et soutenue par des mécanismes technologiques adaptés.

 

Cette approche permet d’éviter ce que Gartner appelle la « gouvernance par escalade », où chaque exception doit être analysée manuellement. Une telle approche ne peut pas soutenir la croissance ni l’adoption à grande échelle de l’IA.

Et si la gouvernance devenait un accélérateur?

Pendant longtemps, la gouvernance a été perçue comme un frein : davantage de règles, davantage de contrôles, davantage de documentation.

Nous entrons dans une nouvelle ère.

 

Les organisations les plus avancées comprennent que la gouvernance n’a pas pour objectif de ralentir l’innovation. Son rôle est plutôt de créer les conditions nécessaires pour innover plus rapidement et avec davantage de confiance.

 

Une gouvernance efficace permet :

  • d’accélérer les projets d’IA;
  • de réduire les risques de non-conformité;
  • d’améliorer la qualité des décisions;
  • d’augmenter la confiance envers les données;
  • de favoriser une véritable culture de la donnée.

 

Chez ADNia propulsée par COFOMO, nous constatons régulièrement que les organisations qui progressent le plus rapidement ne sont pas nécessairement celles qui possèdent les technologies les plus avancées. Ce sont souvent celles qui réussissent à mobiliser leurs équipes autour d’un cadre structurant, compréhensible et orienté vers la valeur d’affaires.

 

La question n’est donc plus de savoir si votre organisation a besoin de gouvernance.

 

La véritable question est : votre gouvernance est-elle suffisamment mature pour soutenir les ambitions que vous avez pour l’IA?

Pour poursuivre la réflexion

  • Votre organisation dispose-t-elle de rôles et responsabilités clairement définis pour la gestion des données?
  • Existe-t-il une compréhension commune et documentée des données et des indicateurs clés utilisés pour piloter les activités et prendre des décisions?
  • Savez-vous quelles données alimentent vos initiatives d’IA et de tableaux de bord?
  • Seriez-vous en mesure d’expliquer rapidement l’origine, les transformations, la qualité et les règles de gestion des données utilisées dans vos décisions?

 

Si certaines de ces questions demeurent sans réponse, il pourrait être temps de revoir les fondations de votre gouvernance.

 

Si la gouvernance des données crée les fondations, la gouvernance de l’IA permet d’encadrer les usages qui en découlent. Pour explorer ce sujet plus en profondeur, nos collègues de chez Videns seront heureux de poursuivre la discussion avec vous.

Inspiré des constats du document Gartner Building Blocks for Effective Data Governance in the Age of AI (ID G00853417) 

 

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