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Quand l’IA dérape : comprendre et prévenir les biais algorithmiques

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Quand l’IA dérape : comprendre et prévenir les biais algorithmiques

Myriam Blanchet

Analyste

Quand l’IA dérape : comprendre et prévenir les biais algorithmiques
Publié le : 17 juillet 2025
  • Intelligence artificielle
  • Article
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L’intelligence artificielle est une alliée puissante, capable d’analyser des milliards de données pour soutenir nos décisions. Mais comme toute technologie, elle n’est pas neutre. Les modèles d’IA apprennent à partir de données historiques, souvent déséquilibrées ou incomplètes, et peuvent reproduire (voire amplifier) des biais existants.

 

Ces dérives ne sont pas théoriques : elles ont des effets bien réels sur les individus, les organisations… et même les marchés financiers. Voici quelques exemples marquants qui nous ont été présentés lors de la conférence « Is My Robot Racist? And other Ethical Data Dilemmas” de Outlier 2025, par Jon Lane de Ad Astra.

Des stéréotypes intégrés dans les données d’entraînement

Les modèles de vision par ordinateur, utilisés pour analyser des images ou reconnaître des visages, perpétuent souvent des stéréotypes sur les professions ou les caractéristiques démographiques.

 

Pourquoi? Parce que les ensembles de données sur lesquels ils sont entraînés reflètent des déséquilibres géographiques ou sociaux.

Par exemple :

  • Un algorithme apprenant à reconnaître un « ingénieur » pourrait associer ce rôle majoritairement à des hommes blancs, s’il n’a vu que ce type de profil dans ses données.
  • Une analyse d’image pourrait mal identifier une personne noire dans un quartier peu diversifié, simplement parce que le modèle n’a jamais vu de visage foncé dans ce quartier. Il n’a donc pas été entrainer avec des données complètes.

Des conséquences graves en santé

L’impact des biais algorithmiques peut devenir crucial dans les soins de santé :

  • Les oxymètres de pouls (appareils qui mesurent l’oxygène dans le sang) utilisent des capteurs optiques. Or, plusieurs études ont montré que leurs algorithmes de traitement du signal sont moins précis sur les peaux foncées, causant des erreurs de diagnostic.
  • Plus globalement, lorsque des cliniciens s’appuient uniquement sur des outils d’aide au diagnostic automatisés, sans croiser les résultats avec leur jugement clinique, le risque d’erreur augmente.

L’invisible biais dans les systèmes RH et de crédit

Les modèles d’IA utilisés en ressources humaines ou en finance sont particulièrement vulnérables aux biais indirects, souvent via des variables dites « proxy » :

  • En RH, des algorithmes d’embauche ont été montrés du doigt pour discriminer les femmes ayant pris un congé de maternité, tout simplement parce que les interruptions de carrière étaient sous-représentées dans les données d’entraînement.
  • En notation de crédit, le code postal est parfois utilisé comme indicateur de solvabilité. Problème : il peut corréler avec l’origine ethnique, créant ainsi un biais indirect fondé sur la race, sans que celle-ci ne soit explicitement prise en compte.

Et quand les marchés financiers en paient le prix…

L’un des exemples les plus frappants reste celui de Knight Capital, en 2012.

En 45 minutes, un bug dans un système de trading automatisé a généré pour 440 millions de dollars de transactions erronées.
Pourquoi? Parce que les opérateurs humains ont accepté les résultats sans les vérifier.

 

Ce cas nous rappelle une leçon clé : même l’IA la plus avancée ne doit jamais être utilisée sans surveillance humaine.

Comment prévenir ces dérives?

Les biais algorithmiques ne sont pas une fatalité. Voici quelques pratiques pour les limiter dès la conception des projets :

  • Diversifier les données d’entraînement, autant sur le plan géographique, démographique que comportemental.
  • Valider les modèles avec des experts métiers ET des personnes concernées (ex. : patients, employés, citoyens).
  • Éviter les variables proxy sensibles ou corrélées à des caractéristiques protégées (genre, origine, âge…).
  • Intégrer des mécanismes de vérification humaine dans les processus décisionnels automatisés.
  • Documenter les limites du modèle : ce qu’il sait, ce qu’il ne sait pas, et dans quel contexte il peut être biaisé.

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Chez ADNIA, nous croyons que la puissance des données doit servir la justice, la transparence et l’intelligence collective.
C’est pourquoi nous accompagnons nos clients non seulement dans le développement technique de leurs projets d’IA, mais aussi dans leur éthique, leur rigueur et leur adoption humaine.

 

L’IA est un levier formidable… à condition qu’elle soit conçue et utilisée avec vigilance, sensibilité et responsabilité.

 

 

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